L’Ossuaire Kanak : Un Artefact Funéraire de Réutilisation Architecturale
Le terme « ossuaire » désigne un lieu ou un contenant destiné à la conservation des ossements humains, notamment lorsqu’ils sont rassemblés et préservés après l’inhumation. Les ossuaires se trouvent généralement dans des sites funéraires anciens, des églises ou des catacombes. Historiquement, en raison du manque d’espace dans les cimetières, les restes osseux étaient retirés des tombes anciennes et regroupés dans des structures spécialement aménagées, appelées ossuaires.
En Nouvelle-Calédonie, ces contenants funéraires étaient fabriqués à partir de bois, de matériaux végétaux de remplissage, d’écorce de niaouli et de fibres de coco. Ils étaient décorés de pigments multicolores, principalement en noir et en rouge.
En 1909, cet objet funéraire a été offert au Musée d’art et d’histoire de Pithiviers par l’ingénieur et explorateur René Gosse. Seuls quatre exemplaires de ce type de cercueil sont connus dans le monde : l’un est conservé au Musée de Nouméa, un autre au Musée du quai Branly – Jacques Chirac (anciennement dans les collections du Musée de l’Homme), un troisième dans un musée d’histoire naturelle en Australie, et le dernier au Musée d’art et d’histoire de Pithiviers en France.
Ces contenants funéraires étaient fabriqués à partir d’éléments en bois sculpté, initialement utilisés comme encadrements de portes dans les habitations. Selon les recherches, ces éléments décoratifs étaient réalisés exclusivement à partir de bois naturellement dégradé, évidé de l’intérieur. Pour cette raison, des traces de décomposition et d’attaques d’insectes sont encore visibles sur l’objet.
Les panneaux latéraux étaient perforés et assemblés à l’aide de fibres de coco, tandis que les ouvertures étaient colmatées avec des matériaux d’origine végétale. Le couvercle, également réalisé à partir d’un élément d’encadrement de porte, était posé directement sur le contenant. Des traces de pigments noirs et rouges demeurent visibles à sa surface.
La partie supérieure de l’ossuaire était recouverte d’un matériau de remplissage d’origine végétale et maintenue par des cordelettes en fibres de coco. L’intérieur était tapissé de tissu de tapa, et les ossements humains étaient déposés à l’intérieur d’un linceul confectionné en étoffe de tapa.
Ce contenant funéraire constitue un exemple rare des pratiques funéraires autochtones et de l’esthétique architecturale en Nouvelle-Calédonie, et présente une valeur majeure pour la recherche ethnologique et anthropologique.
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