1877 : l’Abolition d’une Réserve et le Vol des Terres Kanak

L’exploitation des terres touchant les villages de Pierra et de Mérézi constitue un exemple clair de la politique coloniale française de confiscation et de dépossession foncière en Nouvelle-Calédonie. Cette politique impliquait le déplacement forcé du peuple kanak de ses terres ancestrales, la confiscation de celles-ci, puis leur réaffectation aux colons européens ou leur transformation en colonies agricoles pénitentiaires.

À la fin des années 1870, afin d’administrer plus efficacement la Nouvelle-Calédonie et d’en exploiter les ressources économiques, la France entreprit de diviser les terres tribales kanak par un processus appelé cantonnement.
Le cantonnement consistait à confiner les populations autochtones dans des zones restreintes et délimitées à l’intérieur de leurs propres territoires, limitant sévèrement leur liberté de mouvement et leur accès à la terre.

En 1877, dans la vallée de La Foa, une zone désignée sous le nom de « Réserve de Pierra » fut créée, englobant notamment les villages de Pierra et Mérézi. Cependant, cette réserve fut abolie à la suite du soulèvement kanak de 1878. Après la révolte, la France imposa une répression collective encore plus sévère : les terres furent confisquées, de nombreux Kanaks furent tués et d’autres déplacés de force vers différentes régions.

Les terres confisquées furent ensuite attribuées soit à des colons français, soit à des colonies agricoles pénitentiaires, telles que celles liées à Fonwhary. Une commission spéciale fut créée et envoyée dans la région pour définir les limites de ces colonies pénitentiaires. En décembre 1877, la commission adopta des décisions officielles concernant la redistribution des terres.

Ces décisions marquèrent une étape décisive dans l’exploitation systématique des terres de la région. Elles permirent un contrôle colonial plus strict et instaurèrent un cadre juridique facilitant le transfert des terres dites « disponibles » aux colons français et aux prisonniers, consolidant ainsi l’autorité coloniale.

Objectifs de l’exploitation des terres

  • Contrôle total des terres : en déplaçant les populations autochtones de leurs terres, la France assurait à la fois une domination économique et administrative.
  • Exploitation coloniale : les terres fertiles étaient attribuées à des agriculteurs français ou à des exploitations agricoles gérées par l’État, tandis que les Kanaks étaient réduits à une source de main-d’œuvre
  • Expansion du système pénal : la Nouvelle-Calédonie fonctionnait comme une importante colonie pénale française, et des zones telles que Pierra et Mérézi étaient utilisées pour la production agricole basée sur le travail des prisonniers.

Conséquences
La perte des terres a représenté une catastrophe sociale et culturelle profonde pour le peuple kanak, privé à la fois de ses bases matérielles et de ses liens spirituels avec les territoires ancestraux. Par le déplacement forcé et l’assimilation obligatoire, la France a établi dans certaines régions de la Nouvelle-Calédonie des zones considérées comme « loyales au gouvernement colonial ».
Les événements survenus dans la région de Pierra–Mérézi ont joué un rôle important dans le renforcement de l’État colonial français et la consolidation de ses fondations économiques en Nouvelle-Calédonie.

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